Dorian Nieto, mais pourquoi je vous raconte tout ça
Dorian Nieto est passé dans la vie, de la sociologie à la cuisine. D’aucuns diront que les deux activités ne sont pas si éloignées que cela dans l’esprit, mais Dorian présente, dans l’univers des blogs culinaires une spécificité : c’est un homme ! Il est l’un des rares représentant de la cuisine masculine dans un univers essentiellement tenu par des blogueuses.
Auteur, cuisinier, professeur également, il partage son savoir-faire au travers d’un blog : Mais pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça !, et collabore à plusieurs support numériques : www.irresistable.fr et www.yummymagasine.fr, le tout nouveau magazine de cuisine en ligne. Son blog est convivial et bavard, à son image. Il nous fait pénétrer dans un univers intime empli d’anecdotes et d’humour. Les photos de ses plats sont gourmandes et colorées, avec cette petite note d’originalité qui n’appartient qu’à lui.
Il est l’inventeur de plusieurs courant de notre communauté de blogueurs : Le Pique-Nique des blogueurs qui se tient deux fois par an au Jardin de Bercy (Paris) en été, et le Cupcake Day qui rassemble toujours énormément de becs sucrés (70 recettes envoyées par les internautes cette année) !
- D&L : Bonjour Dorian, pourquoi « Mais Pourquoi… » ?
- DORIAN NIETO : Simplement parce qu'un soir, très tard, je me suis dit : « et si j'ouvrais un blog ? » Il était vraiment très très tard… et du coup le titre m'est apparu évident, « Mais pourquoi est-ce que je vous raconte ça »… A l'époque et encore aujourd'hui, j'ai surtout envie d'échanger et de discuter autour de la cuisine ! Bon aujourd'hui, j'aurais peut-être choisi un nom plus simple à retenir.
- D&L : Est-ce que la cuisine est un métier pour toi, ou comment te désignerais-tu ?
- DN : La cuisine est un métier mais je ne sais pas encore quel nom me donner, il faudrait que je trouve un jour… un jour…
- D&L : Comment mets-tu la main à la pâte ?
- DN : La cuisine, je la pratique matin, midi et soir et quelques fois même la nuit… Parfois les habitants de chez moi passent dans la maison sur les 3heures du mat' et me croisent en train de battre des œufs. A ce moment-là, ils lèvent les yeux au ciel mais ne disent rien car ils savent que je suis tombé dedans et que je n'en sortirai sans doute jamais.
- D&L : Tu évolues dans un milieu très féminin, comment ressens-tu ce statut particulier ?
- DN : Je trouve ça très agréable ! Les garçons sont rares, très rares dans le milieu des blogs culinaires et à tout choisir, j'espère que ça va durer comme ça encore très longtemps !
- D&L : Y-a-t-il selon toi une cuisine « homme » et une cuisine « femme » ?
- DN : Il y a une cuisine de tous les jours, souvent une cuisine de femme et la cuisine du week-end ou des amis où les hommes acceptent de s'investir… des fois !
- D&L : La cuisine est toujours traversée de tendances, est-ce que tu les suis, et si oui, quelles sont celles qui te touchent ?
- DN : Je suis moi aussi " traversé " par ces modes et celles qui me touchent sont particulièrement celles qui me permettent de découvrir des cuisines lointaines dès qu'elles sont un peu plus à la mode… j'attends d'ailleurs avec impatience que la mode s'intéresse à la cuisine de certains pays asiatiques encore peu connus comme la Birmanie ou le Laos.
- D&L : Vas-tu lancer de nouvelles tendances, te focaliser sur une façon de consommer ?
- DN : J'aime bien attraper des petites choses au vol, un peu comme ça a été le cas avec les whoopies et m'amuser avec. Tout passe… Alors autant s'en amuser!
- D&L : Quand on regarde ton blog, on est frappé par les couleurs, toujours très chaudes, variées, confortables ? Elles qu’elles sont le reflet des sentiments que tu veux faire passer ?
- DN : Oui, ce sont la joie et la bonne humeur que j’ai quand je prépare et je partage un repas.
- D&L : Il y a une grande part d’écriture dans ton blog, tu te racontes sur un mode très poétique, avais-tu une vocation d’écriture, voire d’écrivain ? Est-ce une manière d’aller au-delà de ta réserve naturelle ?
- DN : Qui a dit que je suis réservé ? C'est effectivement le cas et comme je ne maîtrise pas mon stylo, je ne suis pas responsable de ce qu'il dit ! C'est sans doute donc une manière d'aller au-delà… de bien des choses.
- D&L : Es-tu plutôt bec sucré ou bec salé, et quels sont les ingrédients que tu préfères cuisiner, manger ?
- DN : Finalement j'aime m'amuser avec le sucré mais je préfère le salé et si je dois partir sur une île déserte, j'aimerais partir avec tout un tas de pots d'herbes car un plat sans herbe, je trouve ça finalement bien tristounet !
- D&L : Quand je cuisine, je me raconte une histoire… Qu’est-ce que tu penses, quand tu cuisines ?
- DN : Quand je cuisine, je suis en mode automatique, j'oublie mon cerveau sur la table de la salle à manger et du coup je ne pense pas à grand-chose à part à ne laisser rien brûler ce qui est déjà très très difficile pour moi !
- D&L : Tu as organisé un des moments les plus importants de la communauté des blogueurs culinaires avec tes deux pique-niques d’été, comment en as-tu eu l’idée ?
- DN : Les bonnes idées tiennent souvent à des petits riens… C'est une idée qui est venue comme ça lors d'une sortie entre blogueurs. A vrai dire, c'est vite devenu une évidence qu'un rendez-vous sur l'herbe ça serait quand même bien !
- D&L : Est-ce qu’il t’arrive de consommer des sauce toute prêtes du type Devos & Lemmens?
- DN : Oui, je consomme des sauces toutes prêtes, parce que c'est pratique, parce que c'est bon et parce que finalement quand on me dit goûte ça… je ne sais pas dire non ! Alors j'ai plein de choses dans mes placards y compris plein de petites sauces toutes prêtes.
- D&L : Est-ce que tu es plutôt du style : « j’ouvre le pot, je consomme » ou « je transforme en une autre recette » ?
- DN : Je suis des deux genres, j'aime juste attraper un pot et en prendre une bonne tombée ou alors complètement le contraire, ajouter tout un tas de choses. J'ai toujours aimé les recettes avec tout un tas de choses dedans et il n'y a pas de raison que les sauces n'y passent pas.
- D&L : Vois-tu un avantage de partir d’une sauce déjà toute prête plutôt que de faire la sauce d’abord ?
- DN : Comme tout le monde, j'ai des idées préconçues et si je commence à faire une sauce moi-même, elle va sans doute ressembler à mes autres sauces… En prenant une sauce toute faite, je découvre les goûts des autres et cela m'oblige à changer et à m'adapter. On apprend toujours des autres.
- D&L : Le printemps, pâques arrivent, Je te sais amoureux des salades, pourrais-tu nous donner une idée de salade ?
- DN : J'adore les kebabs, il ne faut pas le répéter… et je trouve qu'il n'y a jamais assez de salade alors j'aimerai une salade, salade tomate oignon, comme dans les kebabs et puis plein d'autres choses, de la viande d'abord bien parfumée coupée en tout petits morceaux et des herbes beaucoup d'herbes, et de la grenade et puis quelques traits de sauce Pita pour aussi rappeler les kebabs… et juste un bout de pain pour pousser…
Merci Dorian !




